Prise en charge de la douleur de l’accouchement :
analgésie périmédullaire et alternatives médicamenteuses
Recommandations Formalisées d’Experts (RFE) parue le 15/05/2025
🟦 Prise en charge de la douleur de l’accouchement
Analgésie périmédullaire et alternatives – SFAR / HAS 2025
1️⃣ Généralités
La douleur de l’accouchement est intense, multifactorielle et variable selon les femmes.
Une douleur mal contrôlée peut entraîner :
stress maternel,
épuisement,
altération du vécu de l’accouchement,
complications psychologiques (anxiété, syndrome de stress post-traumatique).
En France, > 80 % des parturientes bénéficient d’une analgésie périmédullaire (APM), faisant de l’APM la méthode de référence.
👉 L’APM est associée à :
une meilleure analgésie,
une satisfaction maternelle élevée,
une réduction de la morbidité maternelle sévère,
sans augmentation des complications néonatales.
2️⃣ Techniques d’analgésie périmédullaire
Péridurale (APD)
Pose d’un cathéter péridural (L2–L5).
Objectif : bloc sensitif T10–L1 (± S2–S4), sans bloc moteur.
Rachianalgésie
Injection intrathécale unique.
Analgésie rapide mais durée limitée.
Péri-rachi combinée (PRC)
Injection intrathécale initiale + cathéter péridural.
Permet une installation rapide de l’analgésie.
Péridurale avec ponction durale (PPD / DPE)
Ponction durale sans injection intrathécale.
Améliore la diffusion péridurale.
👉 Les techniques avec ponction durale (PRC / PPD) sont utiles :
quand une analgésie rapide est nécessaire,
en cas de dilatation avancée,
lors d’échec ou de reprise d’APM.
3️⃣ Pose de l’APM : points clés SFAR
🔹 Repérage échographique
❌ Pas recommandé en routine.
✅ Recommandé chez :
patientes obèses,
rachis difficile,
repères anatomiques peu palpables.
🔹 Position
Position assise ou décubitus latéral :
aucune supériorité démontrée,
choix selon confort et contexte clinique.
🔹 Asepsie
Respect strict des mesures SF2H.
Pas de recommandation spécifique pour le port systématique de casaque stérile isolée.
🔹 Anticoagulation (HBPM)
Arrêt avant APM :
≥ 12 h (dose prophylactique),
≥ 24 h (dose curative).
Dosage anti-Xa recommandé dans certaines situations à risque (avis d’experts).
4️⃣ Initiation de l’analgésie
APM précoce (≤ 4 cm de dilatation) :
✔ améliore la satisfaction maternelle,
✔ n’augmente pas la césarienne,
✔ n’allonge pas le travail,
✔ n’augmente pas la morbidité maternelle ou néonatale.
👉 Elle doit être accessible à la demande, y compris chez les patientes à risque.
Vérification du cathéter
❌ Dose test à la lidocaïne : NON recommandée.
✅ Bolus initial avec le mélange analgésique recommandé.
5️⃣ Entretien de l’APM
Bolus intermittent programmé (BIP) :
recommandé par rapport au débit continu,
améliore l’efficacité analgésique,
augmente la satisfaction maternelle.
Peut être associé à une PCEA.
🚶 Déambulation
Possible chez les patientes qui le souhaitent :
pas d’impact négatif maternel ou fœtal,
pas d’augmentation des complications obstétricales,
favorise la miction spontanée.
6️⃣ Gestion de l’insuffisance et de l’échec
🔍 Dépistage
Évaluation systématique :
douleur (ENS),
niveau métamérique (test au froid).
Première évaluation à 30 minutes, puis toutes les heures.
🛠️ Mesures correctrices
Bolus répétés du mélange analgésique.
Augmentation de la concentration d’anesthésique local si besoin.
Association possible :
sufentanil,
clonidine (en rattrapage, pas en 1ʳᵉ intention).
🔄 Repose du cathéter
Recommandée si :
inefficacité persistante > 45 min,
insatisfaction maternelle.
À réaliser idéalement par un MAR expérimenté.
Technique avec ponction durale à privilégier dans certaines situations.
7️⃣ Alternatives médicamenteuses à l’APM
APM > alternatives opioïdes IV :
meilleure analgésie,
meilleure satisfaction,
moins de morbidité maternelle.
🔹 Rémifentanil IV (PCA)
Alternative de référence si APM contre-indiquée.
Nécessite une surveillance rapprochée continue :
fréquence respiratoire,
échelle de sédation,
SaO₂,
CO₂ expiré.
Oxygénothérapie recommandée.
🔹 Protoxyde d’azote
❌ Non recommandé :
efficacité insuffisante,
satisfaction maternelle inférieure à l’APM.
🎯 Message clé final
L’analgésie périmédullaire est la méthode de référence pour la douleur de l’accouchement :
efficace, sûre, adaptable, et intégrée dans une prise en charge centrée sur la femme.
Dr.Kamel.Anesthesie 13/01/2026





