" Etre anesthésiste, c'est apaiser la peur, prévenir la douleur et préserver la vie "

🟦 Prise en charge de la douleur de l’accouchement

Analgésie périmédullaire et alternatives – SFAR / HAS 2025

1️⃣ Généralités

  • La douleur de l’accouchement est intense, multifactorielle et variable selon les femmes.

  • Une douleur mal contrôlée peut entraîner :

    • stress maternel,

    • épuisement,

    • altération du vécu de l’accouchement,

    • complications psychologiques (anxiété, syndrome de stress post-traumatique).

  • En France, > 80 % des parturientes bénéficient d’une analgésie périmédullaire (APM), faisant de l’APM la méthode de référence.

👉 L’APM est associée à :

  • une meilleure analgésie,

  • une satisfaction maternelle élevée,

  • une réduction de la morbidité maternelle sévère,

  • sans augmentation des complications néonatales.

2️⃣ Techniques d’analgésie périmédullaire

  • Péridurale (APD)

    • Pose d’un cathéter péridural (L2–L5).

    • Objectif : bloc sensitif T10–L1 (± S2–S4), sans bloc moteur.

  • Rachianalgésie

    • Injection intrathécale unique.

    • Analgésie rapide mais durée limitée.

  • Péri-rachi combinée (PRC)

    • Injection intrathécale initiale + cathéter péridural.

    • Permet une installation rapide de l’analgésie.

  • Péridurale avec ponction durale (PPD / DPE)

    • Ponction durale sans injection intrathécale.

    • Améliore la diffusion péridurale.

👉 Les techniques avec ponction durale (PRC / PPD) sont utiles :

  • quand une analgésie rapide est nécessaire,

  • en cas de dilatation avancée,

  • lors d’échec ou de reprise d’APM.

3️⃣ Pose de l’APM : points clés SFAR

🔹 Repérage échographique

  • ❌ Pas recommandé en routine.

  • ✅ Recommandé chez :

    • patientes obèses,

    • rachis difficile,

    • repères anatomiques peu palpables.

🔹 Position

  • Position assise ou décubitus latéral :

    • aucune supériorité démontrée,

    • choix selon confort et contexte clinique.

🔹 Asepsie

  • Respect strict des mesures SF2H.

  • Pas de recommandation spécifique pour le port systématique de casaque stérile isolée.

🔹 Anticoagulation (HBPM)

  • Arrêt avant APM :

    • ≥ 12 h (dose prophylactique),

    • ≥ 24 h (dose curative).

  • Dosage anti-Xa recommandé dans certaines situations à risque (avis d’experts).

4️⃣ Initiation de l’analgésie

  • APM précoce (≤ 4 cm de dilatation) :

    • ✔ améliore la satisfaction maternelle,

    • ✔ n’augmente pas la césarienne,

    • ✔ n’allonge pas le travail,

    • ✔ n’augmente pas la morbidité maternelle ou néonatale.

👉 Elle doit être accessible à la demande, y compris chez les patientes à risque.

  • Vérification du cathéter

    • ❌ Dose test à la lidocaïne : NON recommandée.

    • ✅ Bolus initial avec le mélange analgésique recommandé.

5️⃣ Entretien de l’APM

  • Bolus intermittent programmé (BIP) :

    • recommandé par rapport au débit continu,

    • améliore l’efficacité analgésique,

    • augmente la satisfaction maternelle.

  • Peut être associé à une PCEA.

🚶 Déambulation

  • Possible chez les patientes qui le souhaitent :

    • pas d’impact négatif maternel ou fœtal,

    • pas d’augmentation des complications obstétricales,

    • favorise la miction spontanée.

6️⃣ Gestion de l’insuffisance et de l’échec

🔍 Dépistage

  • Évaluation systématique :

    • douleur (ENS),

    • niveau métamérique (test au froid).

  • Première évaluation à 30 minutes, puis toutes les heures.

🛠️ Mesures correctrices

  • Bolus répétés du mélange analgésique.

  • Augmentation de la concentration d’anesthésique local si besoin.

  • Association possible :

    • sufentanil,

    • clonidine (en rattrapage, pas en 1ʳᵉ intention).

🔄 Repose du cathéter

  • Recommandée si :

    • inefficacité persistante > 45 min,

    • insatisfaction maternelle.

  • À réaliser idéalement par un MAR expérimenté.

  • Technique avec ponction durale à privilégier dans certaines situations.

7️⃣ Alternatives médicamenteuses à l’APM

  • APM > alternatives opioïdes IV :

    • meilleure analgésie,

    • meilleure satisfaction,

    • moins de morbidité maternelle.

🔹 Rémifentanil IV (PCA)

  • Alternative de référence si APM contre-indiquée.

  • Nécessite une surveillance rapprochée continue :

    • fréquence respiratoire,

    • échelle de sédation,

    • SaO₂,

    • CO₂ expiré.

  • Oxygénothérapie recommandée.

🔹 Protoxyde d’azote

  • ❌ Non recommandé :

    • efficacité insuffisante,

    • satisfaction maternelle inférieure à l’APM.

🎯 Message clé final

L’analgésie périmédullaire est la méthode de référence pour la douleur de l’accouchement :
efficace, sûre, adaptable, et intégrée dans une prise en charge centrée sur la femme.

Dr.Kamel.Anesthesie 13/01/2026